récital sur la problématique de l'eau

Publié le par Zono Boukary

Malgré moi !!!

 

L’eau, toi qui nous sers de breuvage ;

L’eau, toi qui redonnes vie à la nature ;

L’eau, toi qui adoucis le climat ;

Dis-nous, oui dis-nous, qui es tu ?

Dis-nous, oh oui dis-nous, d’où viens-tu ?

 

J’ai entendu dire qu’il n’y a pas de définition standard de l’eau ;

Que l’eau n’a pas de définition universelle ;

Es-tu donc vitale, généreuse et gratuite ?

Es-tu donc menaçante, mortelle et source de conflit ?

Notre village planétaire vivrait-il de la même manière la problématique de l’eau ?

 

L’eau, oui toi l’eau, que tu es problématique !

L’eau, oui toi l’eau, que tu es énigmatique !

Qu’autant d’interrogations et de questions sont liées à ta personne !

Qu’autant de préoccupations et d’inquiétudes sont liées à ta nature !

L’eau, oh oui toi l’eau, dis-nous ! ; parles-nous ! 

 

Moi l’eau, je vais vous dire ce que je suis ;

Moi l’eau, je vais vous dire d’où je viens ;

Certains m’appellent koom, djii ou agua ;

D’autres H2O, water ou acqua ;

Mais moi, je me nomme tout simplement l’eau !

 

Autrefois, quelques décennie avant notre siècle,

Oui à cette époque, je descendais paisiblement de mon trône de nuage sur la terre,

Mon royaume de l’azur était en parfaite harmonie avec la nature,

L’environnement sain m’offrait l’occasion de remplir la terre entière de mes grâces gouttes,

Et cela, à un intervalle de temps et de saisons réguliers ;

 

Ainsi, à certaines époques de l’année, la nature était verdoyante ;

Le climat radieux, les puits et cours d’eau en crues ;

Les nappes phréatiques bien approvisionnées ;

Et c’était le bonheur des hommes, des animaux et des végétaux ;

Je comblais les besoins domestiques, agricoles et industriels en eau.

 

Après une séance de grâce pluie, toute la nature resplendie et chante ;

La terre devient généreuse et le ciel flamboie ;

Et de tout temps, les hommes chantent leur joie,

Car chaque jour est un jour de fête et dans leur cœur un soleil luit toujours,

Plein de joie et d’amour.

 

Mais attention, oh oui attention, il faut maintenant arrêter de rêver ;

Car je regrette de nos jours ce beau vieux temps.

En effet, à cause des gaz à effet de serre libérés dans l’atmosphère ;

A cause du monoxyde de carbone dégagé ;

A cause du déboisement à outrance et les pollutions diverses,

 

On assiste à une grande avancée du désert ;

On assiste à une perturbation écologique ;

On assiste à une modification de l’écosystème ;

On assiste à un changement climatique ;

On assiste à un réchauffement de la planète.

 

Par conséquent, mon royaume des nuages a perdu sa complicité,

Sa complicité et son harmonie d’antan avec la nature et l’environnement,

Ce qui m’oblige maintenant à m’abattre de tout mon poids à certains endroits de la terre,

Et je suis très souvent accompagnée de grands vents,

De grands vents violents de sorte à raser tout sur la surface de la terre.

 

Je me transforme souvent, malgré moi, en tempête tropicale ;

Malgré moi, je deviens un cyclone ;

Malgré moi, je deviens un typhon ;

Malgré moi, je deviens un ouragan ;

Rappelez vous, un tant soi peu, cathérina, ivon et maracott !

 

Je cause ainsi, des inondations et des sans abris, malgré moi,

Je cause ainsi, de nombreux blessés et de morts, malgré moi,

Je cause ainsi, de nombreux disparus, malgré moi,

Je cause ainsi, au total, des sinistrés et des assistés, malgré moi,

Malgré moi, je sème la désolation dans les cœurs.

 

Aussi, à l’inverse, suis-je obligée d’ignorer d’autres endroits de la terre ;

Là-bas, les puits et les cours d’eau sont en étiages ;

Là-bas, le désert avance à grand pas ;

Là-bas, les pénuries d’eau vont de mal en pis ;

Là-bas, agriculteurs et éleveurs s’entre-tuent autour du seul point d’eau.

 

Les brouilles fondées sur l’eau entre Etats voisins ne manquent pas ;

Les plantes brûlent sous les rayons ardents du soleil ;

Les bêtes efflanquées croulent sous le poids de la chaleur et de la soif ;

L’accès à l’eau potable par les populations devient difficile ;

Les maladies hydriques apparaissent et se développent.

 

La sécurité alimentaire s’effrite ;

L’autosuffisance alimentaire devient un leurre ;

Et les pauvres ne savent plus à quel saint se vouer.

 

En définitive, je ne suis que le reflet des actions de l’homme sur la nature ;

Je ne suis que le miroir du comportement de l’homme envers l’environnement ;

Alors, vivement, que chacun remette son comportement en cause,

 

Afin que je puisse retrouver la relation idyllique d’antan

Entre mon empire des nuages et la nature et,

Entre la nature et l’environnement.

 

 

                                                                                                          ZONO Boukary de Ouaga

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Publié dans Ouagadougou

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L
<br /> Rien à dire de plus, le texte est vraiment beau, poétique, fort. J'en avais un très beau souvenir, je suis bien contente de pouvoir l avoir " par écrit " grâce au blog.<br /> <br /> <br />
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A
<br /> Ce récital est tellement magifique ! Et tellement vrai ! J'en ai les larmes aux yeux de le relire.<br /> <br /> Merci pour ce beau moment.<br /> <br /> <br />
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S
<br /> Merci beaucoup Zono pour cet article qui n'est pas sans rappeler quelques très bons souvenirs de nos interventions dans les classes lyonnaises.<br /> <br /> Ce récital est magnifique, comme la pièce de théatre qui le précédait.<br /> <br /> Merci aussi à tous les jeunes de Ouaga qui ont fait briller les yeux et éclater les rires.<br /> <br /> <br />
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