Notre rencontre avec le Maire de Ouagadougou : Simon Compaoré
Lyon, le 17 juin 2009
A l’occasion de la venue à Lyon du maire de Ouagadougou dans le cadre du festival des Invites de Villeurbanne (consacré cette année au Burkina Faso), les jeunes ont pu rencontrer Monsieur Simon Compaoré.
S. Compaoré est maire de Ouagadougou depuis 1995 et exécute son troisième mandat (un mandat : 5an). Il est au pouvoir jusqu’en 2011. Il est arrivé en France en 1974 pour suivre une formation en gestion.
Il rappelle toute l’importance qui est donnée à l’eau dans son pays et particulièrement à Ouagadougou. La sécurité hydrique est un problème politique central, pris très au sérieux par M. Compaoré. Son intervention auprès des jeunes illustre la nouvelle dynamique insufflée en Afrique par les responsables politiques et les spécialistes du secteur dans le domaine de l’eau.
Données démographiques et géographiques sur le Burkina Faso et Ouagadougou
Usage principal de l’eau : l’agriculture (70-75%) ; le Burkina n’a qu’une seule saison (juin/juillet/août)
et par la même qu’une seule récolte. L’enjeu est de taille : s’il n’y a pas suffisamment d’eau pour irriguer la récolte, la Ville est obligée d’utiliser les réserves de céréales nationales ou de faire appel aux marchés internationaux (soumis à des tarifs élevés).
Présentation des caractéristiques d’accès à l’eau potable à Ouagadougou (30L/prs, 80% de la population a accès à un réseau d’adduction).
La réalité des projets d’adduction à l’eau potable et l’assainissement à Ouagadougou.
L’ ONEA (Office Nationale de l'Eau et de l'Assainissement) est assuré de la maitrise d’ouvrage ; importance des bailleurs de fonds et de leur aide dans le financement des projets (AFD…)
La question du genre au Burkina (la place des femmes dans la société burkinabé, les corvées d’eau remplies par les femmes, la création de la Brigade Verte qui vise à l’emploi de femmes pour la propreté de la ville, leur assurer un revenu correct et permettre la scolarisation de leur enfant)
L’enjeu de l’urbanisme : explication de la notion d’ « espace à l’infini » en Afrique dans le logement individuel. Chacun souhaite un espace raisonnable pour vivre (terrain…) ; la ville connaît donc un accroissement vertical démesuré. Des normes sont imposées pour réduire désormais les propriétés à 250 m2 de terrain (au lieu de 700 !). La nécessité de construire sur niveau est apparue évidente (changement de forme d’habitat indispensable pour parvenir à maitriser correctement les évolutions urbaines) ; les politiques urbaines évoluent massivement dans ce sens. L’urbanisme a tout à voir avec la question de l’eau (problème d’extension du réseau d’adduction et d’assainissement, tuyaux pour la collecte des eaux pluviales…).
Selon S. Compaoré, il est presque impossible de limiter l’afflux vers la ville de Ouagadougou ; il est plus cohérent de préparer et d’anticiper ces flux.
La question de l’eau est donc cruciale dans cette ville d’Afrique Subsaharienne tant au niveau de la qualité que de la quantité : le partage de la ressource entre pays ou villes voisines est par la même fondamental